Après deux ans de dégradation progressive, de mises à jour catastrophiques et d'une saturation de Copilot dans le moindre recoin de l'interface, Microsoft a publié le 20 mars 2026 un document inhabituel : un plan détaillé, signé par son vice-président exécutif Pavan Davuluri, promettant de « relever le niveau de qualité » de Windows 11. Au menu : un File Explorer entièrement retravaillé, une réduction de la présence de l'IA dans les applications natives, des mises à jour moins intrusives, et le retour de la barre des tâches déplaçable. Familier ? Peut-être. Mais jamais Microsoft n'avait été aussi concret dans ses engagements. La vraie question est ailleurs : pourquoi maintenant, et peut-on y croire ?Il y a quelque chose d'ironique dans la situation de Microsoft. Lors de ses résultats financiers pour le deuxième trimestre de l'exercice 2026, l'entreprise a annoncé que Windows 11 tournait désormais sur plus d'un milliard d'appareils dans le monde, un seuil atteint environ 130 jours plus vite que Windows 10 en son temps. Un succès de diffusion remarquable, sauf que cette adoption massive ne signifie pas que le système soit apprécié ou digne de confiance : beaucoup d'utilisateurs ont migré vers Windows 11 uniquement parce que le support de Windows 10 touchait à sa fin.
La réalité vécue au quotidien par les utilisateurs raconte une autre histoire. Windows 11 a subi une réputation catastrophique en 2025 après une succession de problèmes majeurs qui ont transformé ce qui aurait dû être un système stable en terrain d'expérimentation pour des mises à jour défectueuses : la presse spécialisée a recensé pas moins de 20 incidents majeurs liés aux mises à jour en 2025 seul. La cerise sur le gâteau : en janvier 2026, le Patch Tuesday a déclenché une crise en cascade avec des plantages d'Outlook et des pannes d'OneDrive, nécessitant des correctifs d'urgence.
Les premiers retours après le Patch Tuesday de janvier 2026 ont rapidement convergé vers un symptôme particulièrement inquiétant : après redémarrage, certains systèmes Windows 11 restaient bloqués avant même l’accès à la session utilisateur. Écran noir, redémarrages en boucle ou blocage sur des écrans intermédiaires, le problème touche directement le processus de boot, c’est-à-dire la phase la plus sensible du système d’exploitation.
La situation était telle que Microsoft a publié deux mises à jour en une semaine pour corriger les problèmes occasionnés, sans succès immédiat concernant le problème qui empêchait les PC de démarrer.
« Microsoft a reçu un nombre limité de signalements concernant un problème empêchant les appareils de démarrer avec le code d'arrêt "UNMOUNTABLE_BOOT_VOLUME" après l'installation de la mise à jour de sécurité Windows de janvier 2026 publiée le 13 janvier 2026 et des mises à jour ultérieures », a confirmé la société dans un bulletin en ligne. « Les appareils concernés affichent un écran noir avec le message "Votre appareil a rencontré un problème et doit être redémarré. Vous pouvez redémarrer." À ce stade, l'appareil ne peut pas terminer le démarrage et nécessite des étapes de récupération manuelles. »
La réputation de Windows 11 est aujourd'hui à son niveau le plus bas, et Microsoft espère que ces changements annoncés amorceront un renversement de tendance pour reconquérir la confiance des utilisateurs. Sur les réseaux sociaux, le terme « Microslop » s'est imposé comme sobriquet populaire pour railler la firme de Redmond, notamment en réaction aux installations forcées de l'application Microsoft 365 Copilot sur les machines des entreprises, une décision finalement suspendue en mars 2026 face au tollé des clients commerciaux.
Microsoft a reconnu publiquement que plusieurs fonctionnalités centrales de Windows 11 sont gravement défaillantes. Fin janvier, Microsoft a reconnu que Windows 11 souffre d'un problème de confiance et promis de se concentrer sur les corrections en 2026, donnant la priorité absolue aux performances, fiabilité et expérience de l'OS
Copilot partout, qualité nulle part
Pour comprendre ce qui a conduit Microsoft à ce mea culpa sans y apposer le mot « mea culpa », il faut revenir sur la stratégie déployée depuis 2023. Durant 2024 et 2025, Microsoft avait présenté avec enthousiasme une feuille de route dans laquelle Copilot devait imprégner pratiquement l'ensemble de Windows 11 : intégration dans les Paramètres, dans les notifications, dans l'Explorateur de fichiers, et dans de nombreuses applications natives comme Paint, Photos, l'Outil Capture, les Widgets ou encore le Bloc-notes. Or, la grande majorité de ces intégrations n'ont jamais atteint les utilisateurs, pas même dans les versions de préversion du programme Windows Insider.
Le problème n'est pas seulement que certaines fonctionnalités n'ont pas été livrées. C'est que celles qui l'ont été ont souvent été jugées contre-productives. L'utilisateur moyen ne réclame pas davantage de...
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