
Microsoft a récemment dévoilé la liste des processeurs compatibles avec Windows 11 24H2, envoyant un message clair aux fabricants d'équipement d'origine (OEM) : l'utilisation de processeurs Intel antérieurs à la 11e génération est désormais exclue. Cette décision, qui vise à pousser les OEM vers des composants plus récents, soulève des questions sur les motivations réelles de Microsoft. Pourquoi ces processeurs, autrefois jugés suffisants, sont-ils soudainement considérés comme incompatibles ? Est-ce une volonté légitime d'améliorer la sécurité et les performances, ou une stratégie pour accélérer l'obsolescence programmée et stimuler les ventes de matériel récent ? Pour Yusuf Mehdi, vice-président exécutif de Microsoft et directeur du marketing grand public, « le moment est venu d'opter pour un nouvel ordinateur sous Windows 11 ». Il est à noter que cette restriction ne s'applique qu'aux OEM, laissant les utilisateurs finaux et les entreprises libres d'installer Windows 11 sur des machines plus anciennes, ce qui ajoute à la confusion et au scepticisme quant aux véritables raisons de cette décision.
Un fabricant d'équipement d'origine, ou équipementier, est une entreprise spécialisée dans la production de pièces détachées, généralement pour le compte d'une autre entreprise, appelée intégrateur ou assembleur. Ce type de structure est couramment présent dans des secteurs tels que l'automobile, l'aéronautique, l'informatique ou l'électronique.
Bien que Windows 11 24H2 soit disponible pour les clients depuis plusieurs mois, Microsoft a jugé nécessaire, dans sa mise à jour de février, de réitérer que les constructeurs doivent impérativement utiliser des processeurs Intel de 11e génération ou ultérieurs pour les nouveaux PC destinés à exécuter la dernière version de son système d'exploitation.
Windows 11 version 24H2 compatible avec les processeurs Intel
Les processeurs mentionnés ci-dessous représentent les modèles répondant aux exigences minimales pour les générations de processeurs prises en charge, y compris les plus récents au moment de leur publication. Microsoft précise que ces processeurs respectent les normes de conception en termes de sécurité, de fiabilité, ainsi que la configuration minimale nécessaire pour Windows 11.
Les générations de processeurs futures, si elles répondent aux mêmes critères, seront également reconnues comme compatibles, même si elles ne figurent pas explicitement dans la liste. Celle-ci peut ne pas inclure les dernières nouveautés des fabricants entre les mises à jour, mais elle sera mise à jour régulièrement à chaque nouvelle version de Windows.
Les fabricants d'équipements d'origine (OEM) peuvent utiliser les processeurs listés pour les nouveaux appareils fonctionnant sous Windows 11. Ces appareils doivent être équipés de pilotes modernes certifiés par le programme de compatibilité matérielle de Windows 11 ou des derniers pilotes disponibles, conçus selon les principes DCH (Declarative, Componentized, Hardware Support Apps). « Ces processeurs respectent les principes de conception en matière de sécurité et de fiabilité, ainsi que la configuration minimale requise pour Windows 11 », souligne Microsoft.
Les puces Intel de 11e génération sont arrivées en 2020 et ont été abandonnées l'année dernière. Il serait surprenant, voire inédit, que des équipementiers construisent des machines avec des puces non prises en charge. Intel a déjà fait passer de nombreuses puces antérieures à la 11e génération à un « modèle de prise en charge des logiciels hérités », de sorte que la décision de Microsoft d'omettre ces puces de la liste des OEM est compréhensible.
Intel limite les mises à jour pour les cartes graphiques des processeurs 6e à 10e génération
« À compter du 27 juillet 2022, Intel basculera les cartes graphiques intégrées aux processeurs Intel de la 6e à la 10e génération, ainsi que celles des processeurs Intel Atom, Pentium et Celeron, vers un modèle de support logiciel hérité. L'assistance logicielle pour ces produits sera désormais limitée aux correctifs critiques et aux vulnérabilités de sécurité. Les mises à jour logicielles pour ces produits seront désormais proposées à un rythme trimestriel ou selon les besoins », Intel.
Les familles de produits concernées par cette transition incluent :
- Noms de code : Skylake, Apollo Lake, Kaby Lake, Amber Lake, Coffee Lake, Whiskey Lake, Comet Lake, Gemini Lake, Ice Lake, Lakefield, Jasper Lake, Elkhart Lake ;
- Processeurs Intel Core de 10e génération avec carte graphique Intel Iris Plus (nom de code Ice Lake) ;
- Processeurs Intel Core de 10e génération avec Intel UHD Graphics (nom de code Comet Lake) ;
- Processeurs Intel Core de 9e génération, processeurs Pentium/Celeron apparentés et processeurs Intel Xeon, avec Intel UHD Graphics 630 (nom de code Coffee Lake-R) ;
- Processeurs Intel Core de 8e génération, processeurs Pentium/Celeron apparentés et processeurs Intel® Xeon, avec Intel Iris Plus Graphics 655 et Intel UHD Graphics 610, 620, 630, P630 (nom de code Kaby Lake-R, Coffee Lake) ;
- Famille de processeurs Intel Pentium et Celeron (nom de code Gemini Lake) ;
- Processeurs Intel Core de 7e génération, processeurs Pentium/Celeron apparentés et processeurs Intel® Xeon, avec Intel Iris Plus Graphics 640, 650 et Intel HD Graphics 610, 615, 620, 630, P630 (nom de code Kaby Lake) ;
- Processeurs Intel Core, Intel Core M et Pentium de 6e génération avec Intel Iris Graphics 540, Intel Iris Graphics 550, Intel Iris Pro Graphics 580 et Intel HD Graphics 510, 515, 520, 530 (nom de code Skylake) ;
- Famille de processeurs Intel Pentium et Celeron (nom de code Jasper Lake) ;
- Processeur Intel Core avec technologie Intel Hybrid (nom de code Lakefield) ;
- Famille de processeurs Intel Atom, Pentium et Celeron (nom de code Elkhart Lake).
Cette transition marque un changement dans la prise en charge logicielle pour ces générations de processeurs, avec un accent mis sur la maintenance critique et la sécurité.
Microsoft et les processeurs Intel : Stratégie commerciale ou nécessité technique ?
En 2025, Microsoft s'engage à mettre en avant le renouvellement des PC sous Windows 11, combinant une approche incitative et coercitive pour encourager les utilisateurs à abandonner Windows 10. Cette stratégie, qui pourrait s’apparenter à une volonté d’accélérer le cycle d’obsolescence des équipements, soulève des questions cruciales sur les motivations de Microsoft et sur l’impact de telles décisions sur les consommateurs, les entreprises et l’environnement.
La décision de Microsoft de restreindre la compatibilité de Windows 11 24H2 aux processeurs Intel de 11e génération et ultérieurs pour les OEM soulève de sérieuses questions. D’un côté, l’argument officiel met en avant des exigences de sécurité et de performance accrues, notamment avec des technologies comme AVX2 ou AVX-512, qui pourraient justifier cette limitation. Cependant, cette justification semble fragile lorsque l’on considère que ces mêmes processeurs « obsolètes » fonctionnent parfaitement bien sous Windows 10, voire même sous Windows 11 pour les utilisateurs finaux qui contournent les restrictions.
Cette décision ressemble davantage à une stratégie commerciale visant à pousser les fabricants à adopter des composants plus récents, alignés sur les dernières innovations comme les processeurs neuronaux pour l’IA, plutôt qu’à une nécessité technique absolue. En forçant les OEM à abandonner les stocks de processeurs plus anciens, Microsoft favorise indirectement une obsolescence programmée, ce qui pourrait être perçu comme une manière détournée de stimuler les ventes de matériel récent et de renforcer son écosystème autour de technologies comme Copilot+.
En mai, Microsoft a présenté une nouvelle catégorie d'ordinateurs personnels dotés de fonctions d'intelligence artificielle, alors qu'elle s'efforçait d'intégrer cette technologie émergente dans ses produits et de concurrencer Alphabet et Apple. Les PC Copilot+ représentent la vision de Microsoft d'un matériel Windows phare axé sur l'IA. Ils intègrent tous des puces dédiées, appelées NPU, qui alimentent des expériences d'IA telles que Recall. Ils sont également dotés d'une mémoire vive de 16 Go au minimum, associée à un disque dur SSD.
De plus, cette restriction ne s’applique qu’aux OEM, laissant les utilisateurs finaux et les entreprises libres...
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